
Alors que l’adoption de l‘IA générative accélère la production de code au sein des équipes de développement, elle introduit également de nouveaux risques systémiques pour la sécurité des infrastructures. Dans cet article nous verrons le paradoxe de la “Shadow AI” et pourquoi l’expertise humaine en sécurité offensive devient le rempart indispensable pour auditer et sécuriser le code de demain.
Il est 17h un vendredi. Un développeur de votre équipe doit absolument pousser une dernière fonctionnalité avant le week-end : une simple barre de recherche pour un outil interne. Pressé par le temps, il ouvre son éditeur de code, tape un commentaire explicite, et laisse son assistant IA (Copilot, ChatGPT ou Claude) générer la requête en quelques millisecondes.
Comme dans beaucoup d’équipe la confiance en l’IA est (presque) totale. Le code est propre. Les tests unitaires passent au vert. Il déploie en production et part en week-end l’esprit léger.
Ce qu’il ignore, c’est que son assistant virtuel vient d’ouvrir grand la porte de votre infrastructure. En coulisses, l’IA a opté pour la solution la plus mathématiquement probable, mais pas la plus sécurisée. Elle a inséré une vulnérabilité classique, silencieuse, que vos scanners automatiques ont complètement ratée.
Mais pourquoi L’IA écrit du code vulnérable ?
L’engouement Pour les LLM dans le domaine du developpement est réel.
Les outils génératifs augmentent la productivité des développeurs de manière exponentielle. Cependant, une étude célèbre menée par des chercheurs de Stanford a mis en lumière une réalité glaçante : les développeurs utilisant des assistants IA ont tendance à écrire du code nettement moins sécurisé que ceux qui n’en utilisent pas… tout en étant persuadés du contraire.
La raison est toute simple : l’IA privilégie la fonctionnalité à la sécurité.
Par souci d’efficacité, elle omet la validation des entrées utilisateur, utilise des bibliothèques cryptographiques dépréciées par commodité, ou expose des logiques métiers sensibles.
Le résultat ? La création ce que l’on appelle désormais la Shadow AI : des vulnérabilités injectées à grande échelle, impossibles à tracer humainement sans une expertise pointue.
Le retour en force des failles Y2K
C’est ici que les choses deviennent presque drôles. On pourrait penser que l’IA génère des failles futuristes et incompréhensibles. En réalité, elle ressuscite les grands classiques des années 2000.
Prenons un exemple concret du monde réel. Demandez à une IA de vous faire une requête Python pour vérifier les identifiants d’un utilisateur dans une base SQLite.
Souvent, au lieu d’utiliser des requêtes préparées (la norme en sécurité), l’IA utilise une simple concaténation de chaînes (f-string). Le résultat ? Une magnifique Injection SQL (SQLi) textuelle. Il suffirait à un attaquant de saisir ‘ OR ‘1’=’1 dans le champ utilisateur pour contourner l’authentification.
D’autres failles typiques de l’IA incluent :
- Les IDOR (Insecure Direct Object References) : L’IA génère des API qui font confiance aux identifiants fournis par le client sans vérifier les permissions.
- Les Buffer Overflows : En C ou C++, l’IA utilise régulièrement des fonctions comme strcpy() ou gets() qui ne vérifient pas la taille de la mémoire, créant des débordements de tampon.
Le paradoxe DevSecOps
Face à cette avalanche de code, les équipes DevSecOps déploient des scanners de code automatiques (SAST/DAST). Mais ces outils ont leurs limites. Ils sont excellents pour repérer une signature connue, mais terriblement mauvais pour comprendre le contexte ou détecter une faille logique complexe introduite par une IA.
C’est ici que les certifications de cybersécurité prennent tout leur sens. Un examen de qualité (comme OSCP) vous apprend des compétences bien plus impactantes que de lancer des scanners :
- L’analyse manuelle : Comprendre intimement comment la machine réagit à des entrées inattendues.
- L’exploitation créative : Enchaîner plusieurs failles mineures, ignorées par les scanners, pour obtenir un accès total (shell) à un serveur.
- L’adaptation : Exactement ce qu’il faut pour auditer du code généré par une IA, qui produit des algorithmes parfois exotiques.
Vous souhaitez passer l’examen en toute sérénité ? Notre formation certification OSCP de 5 jours en inter et intraentreprise vous permettra de maitriser toutes les compétences nécessaires au passage de la certification et ainsi prouver vos compétences avancées en pentesting.
L’équipe Ambient IT
En conclusion : L’IA ne remplace pas le Pentester, elle l’invoque
Nous vivons un changement de paradigme. L’automatisation de la création de code entraîne, de fait, l’automatisation de la création de vulnérabilités. Dans ce nouveau paysage, la sécurité ne peut plus être une simple case à cocher dans un pipeline CI/CD. Elle exige une véritable expertise offensive humaine pour challenger la machine.
L’ère de l’IA ne signe pas la fin des experts en cybersécurité ; elle leur donne finalement encore plus de raison d’exister.


